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Louis Cyparis surnommé Sanson était
un travailleur du Prêcheur, tantôt
marin, tantôt cultivateur.
Un jour, pendant une partie de
plaisir, il s'était pris de querelle avec l'un de ses camarades
qu'il avait blessé d'un coup de coutelas. Arrêté, on l'avait condamné
pour un mois à la geôle.
Il avait presque fini son temps,
l'orsqu'on le conduisit en ville pour quelque corvée. Il apprend
qu'il y avait une fête au Prêcheur, il s'évade, va danser toute
la nuit et le lendemain se constitue prisonnier pour achever son
temps.
Pour servir d'exemple, il fut
alors condamné à huit jours de cachot et c'est pendant ce temps
que l'éruption s'abattit sur Saint-Pierre.
"Il était 8 heures, dit
il ; on n'était pas encore venu m'apporter la ration du
jour, quand tout à coup un bruit formidable se fit entendre, tout
le monde criait au secours! je brûle! je meure!!! Au bout de cinq
minutes, personnes ne criaient plus, excepté moi, lorsqu'une fumée
se précipita avec violence par la petite fenêtre de ma porte.
Cette fumée brûlait tellement
que pendant un quart d'heure je sautais à droite, à gauche, en
l'air, partout pour l'éviter. Après un long moment, c'était le
silence, affreux. J'écoutais, criant de venir me sauver, personne
ne répondit. Alors tout Saint-Pierre doit être écrasé sous le
tremblement de terre, dans le feu."
Le pauvre homme passa ainsi quatre
jours et trois nuits dans son cachot, sans manger et n'ayant pour
boire que l'eau de pluie qui suintait à travers son grillage.
C'est le dimanche 11 mai, dans l'après midi, que trois hommes
du Morne-Rouge, Léon Danglis, Georges Hilaire et Maurice Nirdé,
passant dans ces parages, entendirent ces plaintes.
Extrait
du rapport adressé au Gouverneur par le père Mary qui a recueilli
au Morne-Rouge ce malheureux sinistré
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